Retour vers Accueil

février 2005

Déclaration unitaire des organisations en Haute-Garonne , après le boycott du CTPD et celui du CDEN

FSU - UNSA Education - SGEN-CFDT -FCPE

Alors que le projet de loi d’orientation va être débattu à l’Assemblée Nationale à partir du 15 février, au-delà des discours, c’est la réalité de la politique gouvernementale en matière d’éducation que l’on voit en œuvre aujourd’hui.

Elle se traduit au plan national par des mesures de carte scolaire, de suppressions de postes et de fermetures de classes qui vont, une fois encore, réduire la scolarisation des élèves en maternelle et l’offre d’enseignements à tous les niveaux de la scolarité. Ces mesures vont diminuer les moyens de lutter contre l’échec scolaire et dégrader plus encore les conditions de scolarité des élèves et de travail des personnels.

En matière d’emploi, les choix budgétaires accentuent le recrutement de personnels précaires, corvéables et rejetés très vite dans le chômage, au lieu d’être titularisés. La diminution des recrutements compromet l’avenir de nombreux jeunes qui veulent se destiner aux carrières des métiers de l’éducation.

Dans notre département, comme le pointe le récent rapport des IGEN sur l'Académie de Toulouse, la situation de l'encadrement des élèves dans le premier degré n’est pas satisfaisante: la dotation de 55 postes ne permettra aucune amélioration des conditions d’accueil des élèves et d’aide à ceux qui sont en difficulté.

Bien au contraire, elle va aboutir à une baisse du taux d’encadrement dans un contexte particulièrement difficile pour un grand nombre d’écoles.

- Au niveau des effectifs :110 écoles élémentaires ont plus de 25 élèves en moyenne par classe et près de 80 maternelles ont une moyenne supérieure à 28 élèves par classe. Or on sait l’importance du nombre d’élèves par classe lorsqu’on veut mettre en place une pédagogie qui favorise la meilleure prise en compte des élèves avec leurs différences et créer un environnement d'apprentissage serein.

- En maternelle, la scolarisation des 2 ans est en chute libre depuis plusieurs années et les chiffres de cette année, 16,8%, sont catastrophiques, avec une baisse de 3 points en un an.

- Pour l’aide aux élèves en difficulté, la situation dejà difficile va s’aggraver : Postes G et de psychologues régulièrement non pourvus (13 G et 3 psy. cette année), réseaux d'aide incomplets ou composés de personnels non spécialisés et en nombre insuffisant, rendent difficile le diagnostic et la prise en charge cohérente et sur la durée des difficultés scolaires.

- Au niveau du dispositif de remplacement (maladie, maternité), les moyens déjà insuffisants vont être encore amoindris par la récupération des 30 postes en surnombre (accordés à la suite de l'explosion d'AZF). Déjà, dans les écoles, les difficultés s'accumulent. De nombreux congés non remplacés amènent les enseignants à répartir les élèves dans les autres classes, rendant ainsi plus difficiles, parfois pour plusieurs jours, les conditions des apprentissages.

-Pour la formation continue, le nombre de moyens de remplacement n’a pas augmenté depuis des années alors même que le nombre d’enseignants a cru de plusieurs centaines, et que des besoins nouveaux en formation se font sentir.

- Il faut ajouter à cela la baisse de présence éducative occasionnée par le départ des centaines d'aides éducateurs qui avaient également permis de faire vivre les BCD et l'informatique à l’école.

Face à cette dotation très largement insuffisante, ne serait-ce qu’au regard de l’afflux de nouveaux élèves (+1800 prévus par l'administration),vous avez, Monsieur l'Inspecteur d'Académie, pris des mesures de gestion de la carte scolaire sans précédent.

La globalisation des effectifs sur les communes ou secteurs de proximité, les transferts d'élèves de l'élémentaire vers la maternelle pour éviter des ouvertures, les décisions d’ouverture de classes reportées le plus tard possible c’est à dire dans les pires conditions pour les familles et les personnels, la transformation de quasiment toutes les demandes d’ouvertures dans l’AIS et pour les remplacements –23,5 sur 25,5- en mesures « à suivre » n’ont pour objectif que de limiter, au final,le nombre d’ouvertures nécessaires.

Dans l’enseignement secondaire, les dotations en heures d’enseignements attribuées aux établissements sont amputées de 4770 heures soit 235 postes. Il y aura donc : dégradation des taux d’encadrement, réduction des options, réduction de l’aide individualisée en seconde, suppression des TPE en terminale et même en première dans certains lycées.

L’enseignement des langues devrait se faire sur des bases de regroupement des LV1/LV2/LV3.

La forte mobilisation du jeudi 20 janvier, en particulier dans l’Education, le rassemblement du 2 février au Rectorat, la présence massive des personnels et des parents dans les manifestations du 5 février, démontrent s’il en était besoin, que les choix du gouvernement concernant l’éducation sont majoritairement rejetés.

Malgré cela le gouvernement persiste dans son mépris des revendications citoyennes et présente son projet de loi d’orientation devant le Parlement, comme si de rien n’était.

Considérant cela, les représentants des personnels et des parents d’élèves de la FCPE ne siègeront pas au CDEN ce jour, pour marquer leur refus total de ces décisions.